Sécurité

Hygiène et sécurité en onglerie

Une belle pose qui provoque une infection ou une allergie, c’est une cliente perdue et parfois un problème de responsabilité. L’hygiène et la sécurité ne sont pas un chapitre théorique de la formation : ce sont des gestes à répéter à chaque prestation.

1. Le poste et les outils

  • Lavage des mains, pour vous et pour la cliente, avant chaque prestation.
  • Plan de travail lavable, nettoyé puis désinfecté entre deux clientes.
  • Outils métalliques (repousse-cuticules, pinces) nettoyés, puis désinfectés selon les instructions du produit utilisé.
  • Limes et polissoirs à usage unique, ou attribués à une seule cliente.
  • Embouts de ponceuse nettoyés et désinfectés après chaque usage.
  • Serviettes et lingettes jetables ou lavées à haute température.

Toutes les fiches du Répertoire spécifique en prothésie ongulaire que nous avons consultées font de l’organisation et de la désinfection du poste une compétence évaluée. Si une formation l’expédie en quelques minutes, c’est un mauvais signe.

2. Savoir refuser une pose

Un ongle décollé, une rougeur, un gonflement, une suspicion de mycose : la prothésiste n’est pas soignante. Dans ces cas, on ne pose pas, et on oriente la cliente vers un professionnel de santé. Apprendre à reconnaître ces situations fait partie du diagnostic de l’ongle enseigné en formation.

3. Les allergies aux (méth)acrylates

Les gels, l’acrygel et la résine contiennent des (méth)acrylates, connus pour provoquer des allergies de contact. Une fois installée, une allergie est durable. Elle peut toucher la cliente, mais aussi la professionnelle, exposée tous les jours. Les gestes qui protègent :

  • ne jamais laisser la matière non polymérisée toucher la peau ;
  • porter des gants adaptés et les changer souvent ;
  • respecter les temps de lampe préconisés : un gel sous-polymérisé reste réactif ;
  • nettoyer pinceaux et plan de travail sans contact direct avec la peau.

4. Les produits interdits

TPO : interdit depuis le 1er septembre 2025. L’oxyde de diphényl(triméthylbenzoyl)phosphine, photo-initiateur longtemps utilisé dans les gels et vernis semi-permanents, a été classé cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction de catégorie 1B. Le règlement (UE) 2025/877 l’interdit dans tous les produits cosmétiques, y compris ceux réservés aux professionnels. La DGCCRF a précisé qu’aucun délai d’écoulement des stocks n’est accordé, quel que soit le stade de détention, y compris chez les prestataires.

En pratique : lisez la liste des ingrédients de chaque flacon, méfiez-vous des lots anciens ou d’occasion, et demandez à votre fournisseur des produits conformes. Une formation à jour en 2026 doit aborder ce point.

5. L’air et la poussière

Le limage produit des poussières fines, et certains liquides dégagent des vapeurs. Une pièce aérée, une aspiration au plus près du poste et, pour le limage intensif, une protection respiratoire limitent l’exposition. C’est particulièrement important à domicile, où l’on travaille souvent dans une pièce de vie : voir exercer à domicile.

6. Le geste et l’ongle naturel

Une préparation trop agressive (ponçage excessif, cuticules arrachées) fragilise l’ongle et ouvre la porte aux infections. La ponceuse, en particulier, demande un apprentissage encadré : vitesse, embout, pression. Voir ponceuse ou limes.

Pour l’équipement de protection et de désinfection, voir le matériel pour débuter. Pour la matière la plus adaptée aux débuts, gel, acrygel ou résine.

Source réglementaire : DGCCRF, actualité « Produits cosmétiques : depuis le 1er septembre 2025, l’oxyde de diphényl(triméthylbenzoyl)phosphine (TPO) est interdit », 03/09/2025.